Tradition : les Bergères

Au cours de notre deuxième après-midi de rencontres amicales, nos ainées ont évoqué spontanément
leur jeunesse en racontant à la fois leurs occupations et leur vie familiale.

Voici quelques extraits :

Mme ………………« Pour garder je me levais à 5 heures du matin, quand les brebis mettaient bas, c’est
moi qui sortait les agneaux, et un jour c’était très dif8icile j’ai dû faire entrer mon bras en entier, quand
l’agneau est né j’ai dit : « brosse le bien avec de la paille », j’étais mal, je suis sortie dehors, je me suis
évanouie ; en fait je m’étais coincée. Alors chaque fois qu’une brebis n’arrivait pas à mettre bas, c’était
moi que l’on appelait parce que j’avais des petites mains qui entrent dans la brebis facilement. On a du
mal à imaginer, mais selon comment cela se présente, il faut les tourner. Pour la brebis cela s’est bien
passé, elle s’est levée, a léché l’agneau.
Parfois les agneaux ne se présentaient pas bien, parfois, ils venaient par derrière, alors il fallait les
tourner. Certains venaient les deux pieds en avant et la tête en même temps »

Mme xxxx « Alors il y en avait une elle n’arrivait pas à accoucher, alors j’ai dit à mon mari on va faire
venir le vétérinaire, il est resté une heure ; alors mon mari lui dit : « la prochaine fois on va la vendre »,
le vétérinaire répond : « je ne sais pas s’il y aura une prochaine fois » et en effet la brebis est décédée
Les agneaux de Savournon ça un goût, ça n’a rien à voir avec ce que l’on achète.
Les mères, elles n’avaient pas de laine, elles avaient juste le manteau sur le dos et beaucoup n’avaient
même rien, elles étaient belles, elles étaient grosses. Maintenant ce n’est plus pareil. »
« Il y a une race qui lui ressemblait c’était la « Lacaune », c’était à peu près la même chose, la Lacaune
avait plus de lait et était un plus lainée, autrement c’était les mêmes.
Maintenant se sont toutes des mérinos, c’est plus facile le mérinos , des pré alpes il n’y en a vraiment
plus beaucoup. Les moutons de Savournon il y en a encore chez les éleveurs du village..
Une fois, à l’auberge ils nous ont servi le mouton de Savournon, mais alors attention, c’était du Savournon,
çà a un autre goût. »
« Moi je gardais les moutons dans nos collines, le matin il fallait se lever avant le soleil, on les rentrait à
10 heures et le soir il fallait recommencer. »
« Oh chez nous un gros troupeau c’était 300 bêtes, mais on le divisait en deux, d’un côté il y avait les
brebis qui avaient l’agneau, de l’autre les autres. Parfois on les avait toutes ensemble »

Mme ……………… « C’était joli, on voyait les troupeaux qui entraient un peu partout, çà on ne le voit
plus des troupeaux qui circulent.
Autrefois on se nourrissait avec les chèvres. A la ferme avec le lait, les fromages. Ils étaient bons, « c’est
vous qui les faisiez ? »: non c’est ma maman.
C’était plus gai quand on voyait les troupeaux, on entendait les sonnailles, au printemps c’était gai,
maintenant c’est triste on ne voit plus rien. »
« Pourquoi çela a disparu ? Par la pénibilité ou le modernisme ?

Mme xxxx « Bon un peu tout, le modernisme, après les gens sont devenu âgés, ils
ont vendu leur troupeau, et les enfants n’ont pas repris.

Mme ++++ « Il faut penser à l’évolution de la femme dans le monde rural
Ah oui, autrefois les femmes elles allaient faire la bergère, maintenant il n’y en a
plus. On peut en discuter longtemps, mais on ne peut pas dire qu’autrefois la condition
de la femme c’était facile
Autrefois la femme elle travaillait pour la ferme, s’il y avait 4 sous, on achetait
quelque chose pour la ferme, on n’achetait rien pour la maison, les pauvres
femmes elles n’avaient rien, pour avoir quelque chose il fallait se fâcher.
Et puis quand il fallait vivre avec la belle-mère!!!…»

Mme ……………… « La condition de la femme était difficile avec les deux couples
sous le même toit, la cohabitation. L’état donnait une subvention pour que le
jeune couple puisse être autonome séparément des parents, cela prouve bien
qu’il y avait un problème.
Oui mais ça c’est venu plus tard. »
Autrefois c’était comme ça. Quand je me suis mariée j’avais 27 ans. A l’époque la
condition sine qua non c’était de vivre avec sa belle-mère.
C’est dans les années 70 que cela a évolué »
« Moi mon mari il m’a toujours protégée, oui mais ça n’est pas toujours le cas,
des fois la mère a parfois plus d’emprise sur le fils.
Maintenant les femmes ont un métier. »

Dans le prochain numéro nous retrouverons des souvenirs de nos ainés.
A suivre …

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